L'AAP recommande de ne pas le faire. Le NHS dit que cela dépend des facteurs de risque. The Lullaby Trust adopte une approche de réduction des risques. Voici ce que chaque cadre dit et pourquoi ils diffèrent.
Le partage de lit est l'un des sujets les plus controversés en matière de sommeil sûr des nourrissons, en partie parce que les grandes organisations de santé n'ont pas toutes le même avis. L'AAP, le NHS et la Lullaby Trust adoptent chacun une position significativement différente — non pas parce qu'ils s'appuient sur des éléments de preuve différents, mais parce qu'ils ont porté des jugements différents sur la manière de communiquer les risques aux parents.
Comprendre les trois cadres permet de prendre une décision éclairée. Cet article présente chaque position de manière équitable, cite la source de chacune, puis couvre les scénarios spécifiques où le risque est le plus élevé.
La position de l'AAP : ne pas partager le lit
Les lignes directrices sur le sommeil de l'AAP de 2022 affirment clairement que le partage de lit n'est pas recommandé — et cela s'applique peu importe que les parents fument, boivent ou aient d'autres facteurs de risque.1
L'AAP adopte cette position parce que :
- Le nombre absolu de décès d'infants liés au sommeil reste significatif, et une proportion se produit dans des scénarios de partage de lit même lorsque des facteurs de risque spécifiques (tabagisme, alcool) sont absents.
- Les surfaces de sommeil pour adultes standards — matelas avec oreillers, couettes, surmatelas souples — ne sont pas conçues pour la sécurité des nourrissons.
- Il n'existe aucun scénario dans lequel l'AAP juge que le lit des adultes soit une surface équivalente ou plus sûre qu'un espace de sommeil pour nourrissons ferme et plat.
La position de l'AAP est que les avantages protecteurs du partage de chambre peuvent être obtenus sans partager le lit, et par conséquent, le calcul des risques et des bénéfices ne justifie pas de le recommander dans quelque circonstance que ce soit.1
AAP (2022) : Le partage de lit n'est pas recommandé. Le partage de chambre — dans la même pièce, sur une surface de sommeil séparée — permet d'obtenir l'avantage protecteur de la proximité parentale sans les risques associés à une surface de sommeil partagée pour adultes.
La position du NHS : les facteurs de risque spécifiques déterminent le niveau de risque
Le NHS adopte une approche conditionnelle.2 Les recommandations du NHS disent : ne pas partager le lit avec votre bébé si :
- Vous ou votre partenaire fumez (même si vous ne fumez pas dans la chambre — les résidus de fumée sur les vêtements posent un risque)
- Vous ou votre partenaire avez récemment consommé de l'alcool
- Vous ou votre partenaire avez pris des drogues ou des médicaments qui vous rendent somnolent
- Votre bébé est né prématurément (avant 37 semaines)
- Votre bébé a eu un faible poids à la naissance (moins de 2,5 kg / 5,5 lb)
Le NHS précise que si aucun de ces facteurs de risque ne s'applique, le risque de partage de lit est plus faible — bien qu'il reste présent, et le partage de chambre est tout de même recommandé comme étant plus sûr.2
Cette formulation diffère de celle de l'AAP de manière significative : le NHS quantifie le risque par facteur de risque plutôt que de faire une recommandation globale. Pour un couple non-fumeur qui n'a pas consommé d'alcool, avec un bébé en bonne santé à terme, le NHS ne caractérise pas le partage de lit de la même manière que l'AAP.
La position de la Lullaby Trust : réduction des dommages
La Lullaby Trust adopte l'approche de réduction des dommages la plus explicite des trois.3 Leur position reconnaît que certaines familles partageront le lit indépendamment des recommandations, et que fournir des informations spécifiques sur un sommeil plus sûr pour ces situations réduit le risque.
La Lullaby Trust identifie les mêmes facteurs de risque élevés que le NHS — tabagisme, alcool, médicaments/sédatifs, prématurité, faible poids à la naissance — et les présente comme des facteurs qui rendent le partage de lit dangereux plutôt que simplement déconseillé. Pour les familles qui n'ont aucun de ces facteurs de risque et choisissent de partager le lit, la Lullaby Trust donne des conseils sur la manière de le faire plus en toute sécurité :
- Utilisez un matelas ferme, pas un surmatelas souple ou un lit à eau
- Gardez les couettes, oreillers et literie souple éloignés du bébé
- Assurez-vous que le bébé ne puisse pas tomber du lit ou se retrouver coincé entre le matelas et le mur
- Placez le bébé sur le dos
- Ne pas emmailloter pendant le partage du lit
L'approche de la Lullaby Trust est façonnée par la réalité de la pratique clinique : les conseillers en santé, les sages-femmes et les médecins généralistes rencontrent des familles qui partagent le lit, et les conseils de réduction des dommages sont plus utiles pour ces familles qu'un simple "ne le faites pas."
Une chose sur laquelle les trois s'accordent : les canapés et fauteuils représentent le risque le plus élevé
Quelles que soient leurs différences concernant le partage de lit pour adultes, l'AAP, le NHS et la Lullaby Trust s'accordent tous sur un point : dormir avec un bébé sur un canapé ou un fauteuil est le scénario de sommeil infantile le plus dangereux.123
Le risque est une combinaison de facteurs : les surfaces sont douces et enveloppantes, les bébés peuvent glisser entre un coussin et le bras d'un fauteuil, et les adultes qui s'endorment en position assise peuvent se déplacer. Les taux de décès liés au syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN) et de décès accidentels en lien avec le sommeil associés au partage de canapé ou de fauteuil sont substantiellement plus élevés que ceux de toute forme de partage de lit.
Si vous vous endormez avec votre bébé pendant un repas — au lit, sur un canapé, dans une chaise — la surface est d'une importance considérable. Un lit ferme et plat (sans literie souple autour du bébé) est moins dangereux qu'un canapé. Un canapé ou un fauteuil est l'environnement de sommeil le plus à risque pour un nourrisson.
En résumé : que signifie cela en pratique ?
| Scénario | AAP | NHS | Lullaby Trust |
|---|---|---|---|
| Partage de lit, sans facteurs de risque | Pas recommandé | Risque plus faible, recommande toujours le partage de chambre | Plus sûr si les lignes directrices sont suivies |
| Partage de lit, fumeur | Pas recommandé | Ne le faites pas | Ne le faites pas |
| Partage de lit après consommation d'alcool | Pas recommandé | Ne le faites pas | Ne le faites pas |
| Partage de lit, bébé prématuré/poids faible | Pas recommandé | Ne le faites pas | Ne le faites pas |
| Partage de canapé/fauteuil | Jamais | Jamais | Jamais |
L'analyse la plus claire des preuves :
-
Aucun facteur de risque n'est zéro risque. Même dans le scénario le plus favorable (non-fumeur, pas d'alcool, bébé sain à terme, matelas ferme, sans literie souple), le lit des adultes n'est pas aussi sûr qu'une surface de sommeil séparée pour nourrissons. Le "non" catégorique de l'AAP en témoigne.
-
Les facteurs de risque multiplient le risque de manière substantielle. Le tabagisme dans le foyer augmente considérablement le risque. L'alcool, les drogues ou les médicaments sédatifs font de même. La prématurité et le faible poids à la naissance réduisent la résilience physiologique de l'enfant. Lorsque ces facteurs sont présents, les trois cadres s'accordent : ne pas partager le lit.
-
Anticiper un éventuel partage de lit réduit les dommages. La plupart des cas de partage de lit se produisent parce qu'un parent s'endort pendant un repas nocturne. Avoir un plan — se déplacer vers une surface ferme, retirer les couettes de la zone du bébé, placer le bébé sur le dos — est plus utile que de prétendre que cela ne se produira pas.
Le partage de chambre, sur une surface ferme et séparée, reste la recommandation de tous les trois cadres. Cette recommandation est celle qui offre des avantages protecteurs clairs et aucun inconvénient significatif.
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Sources
- American Academy of Pediatrics. "Sleep-Related Infant Deaths: Updated 2022 Recommendations for Reducing Infant Deaths in the Sleep Environment." Pediatrics 150(1), 2022. https://publications.aap.org/pediatrics/article/150/1/e2022057990/188304/Sleep-Related-Infant-Deaths-Updated-2022-Recommendations
- NHS. "Reduce the Risk of Sudden Infant Death Syndrome (SIDS)." NHS, 2024. https://www.nhs.uk/conditions/baby/caring-for-a-newborn/reduce-the-risk-of-sudden-infant-death-syndrome/
- The Lullaby Trust. "Bed-sharing and co-sleeping." 2024. https://www.lullabytrust.org.uk/safer-sleep-advice/bed-sharing/
Footnotes
-
American Academy of Pediatrics. "Sleep-Related Infant Deaths: Updated 2022 Recommendations for Reducing Infant Deaths in the Sleep Environment." Pediatrics 150(1), 2022. https://publications.aap.org/pediatrics/article/150/1/e2022057990/188304/Sleep-Related-Infant-Deaths-Updated-2022-Recommendations ↩ ↩2 ↩3
-
NHS. "Reduce the Risk of Sudden Infant Death Syndrome (SIDS)." NHS, 2024. https://www.nhs.uk/conditions/baby/caring-for-a-newborn/reduce-the-risk-of-sudden-infant-death-syndrome/ ↩ ↩2 ↩3
-
The Lullaby Trust. "Bed-sharing and co-sleeping." 2024. https://www.lullabytrust.org.uk/safer-sleep-advice/bed-sharing/ ↩ ↩2